Visite de la Gorée colorée

Découverte en 1444 par des marins portugais, cette l’Île de Gorée au large de Dakar de 900 mètres sur 300 mètres de large environ s’appelait ”Palma” ou ”Beseguiche. La marine hollandaise s’en saisit en 1588 et la rebaptisa Goede Reede (bonne rade) d’où le nom de Gorée.
Depuis septembre 1978, le patrimoine architectural de Gorée fut inscrit sur la liste du patrimoine mondial établi par l’UNESCO. En visitant cette île, vous découvrirez des ruelles colorées, une architecture coloniale mais aussi des monuments historiques, tel que la Maison des Esclaves. Et vous en repartirez sûrement boulversé ! 

 

La Gorée colorée

 

Je me suis rendue plusieurs fois sur cette île depuis petite, et j’aime le fait qu’elle n’ait jamais changé. Une fois descendu du bateau, on peut se laisser porter, se balader, s’arrêter boire un café en bord de mer ou déguster un bon poisson grillé dans les petits restaurants avant de se baigner. Ici, pas de voitures, ni de scooters. On respire l’air frais, loin de la pollution de Dakar, on entend le bruit des vagues et des oiseaux, des musiciens qui jouent de la Kora et des rires d’enfants (et peut-être un peu des touristes..). Mais l’île de Gorée est avant tout un lieu de mémoire.

 


 


 


 


 


 


 

Visite de l’île 

La Maison des Esclaves
 

En arrivant sur l’île, je conseille de commencer par la visite de la Maison des Esclaves. Renseignez vous sur l’horaire de la visite guidée pour en profiter. Un lieu poignant, montrant la réalité subie durant la traite des noirs. Construite vers 1780, elle est la dernière esclaverie en date à Gorée (les Portugais ayant commencé à en construire dès 1536). 

Cette maison est divisée en deux parties. Au rez-de-chaussée, des cellules qui pouvaient contenir entre 100 et 200 hommes, femmes et enfants, enchainés et privés d’hygiène dans de médiocres conditions de vie. La porte de non-retour, elle, représente l’endroit par lequel ces esclaves montaient à bord des bateaux pour rejoindre l’outre-Atlantique.
À l’étage, des grandes pièces lumineuses et aérées qui servaient donc d’habitat pour les maîtres (les négriers). Aujourd’hui, vous pouvez y observer les objets retrouvés de l’époque et toute l’histoire du commerce triangulaire. 

L’histoire de la maison est souvent remise en question. En effet, ils se demandent s’il est vraiment logique que des personnes aient pu habiter au dessus des cellules des esclaves, privés d’hygiène, engendrant donc des odeurs très fortes. De même pour la porte de non-retour, il aurait été plus simple de faire embarquer les captifs par le port de Gorée situé à une centaine de mètres.

Mais cet endroit est considéré comme le centre historique du commerce triangulaire et comme un symbole de l’histoire des peuples. La traite négrière a été la plus grande opération de déportation de population que l’humanité ait connue, avec de douze à quinze millions d’individus vendus en quatre siècles. 

Il est difficile de poser des mots sur ce que l’on ressent quand on en sort…

 


 


 


 


 

Balade jusqu’au sommet
 

Après cette visite que vous ne serez pas prêts d’oublier, là est le moment de flâner dans les jolies ruelles de Gorée. En effet, prenez le temps de faire le tour de l’île à pied, d’acheter des beignets sucrés aux femmes les préparant devant chez elles et remontez jusqu’au sommet de l’île. Sur le chemin, plusieurs dizaines d’artistes Sénégalais exposant leurs oeuvres diverses comme des tableaux ou des objets d’art faits avec de la récupération. En arrivant au sommet, vous y trouverez un canon, d’une portée de 14km qui n’a été utilisé qu’une fois. Et demandez à un Sénégalais aux alentours de vous faire visiter les dessous, les habitants se font un plaisir de vous raconter l’histoire et quelques anecdotes. 

Vous pouvez aussi visiter le Musée de la Femme, le Musée historique qui occupe l’ancien Fort d’Estrées ou le Musée de la Mer. Je ne m’y suis jamais rendue car je préfère profiter de l’ambiance de Gorée mais il paraît que cela vaut le coup.

 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 


 

Infos pratiques 

     

  • Transport et prix : l’île est accessible par une chaloupe faisant des aller-retours pratiquement toute la journée. Le tarif non résident est de 5 000Fcfa pour les adultes et 2 500Fcfa pour les enfants. Les résidents en Afriquent paient 2 000Fcfa pour les adultes et 1 000Fcfa pour les enfants, et les résidents au Sénégal paient 1 000Fcfa pour les adultes et 500Fcfa pour les enfants. En arrivant sur l’île, on doit régler une taxe de 500 Fcfa pour circuler sur l’île et participer à la conservation. 
  • Nourriture : De nombreux restaurants servent des grillades et des plats traditionnels partout sur l’île. Attention, depuis peu pour des mesures d’hygiène, il est interdit d’amener des repas préparés mais l’Association des restaurateurs a mis en place des kits repas à 1 000Fcfa.
  • Logement : J’ai une fois dormi sur place avec Kim pour une occasion, à l’hotel Madou, qui est très joliment décoré et comporte une belle terrasse surplombant l’île. Il y a aussi quelques maisons d’hôtes qui ont l’air cool. Le soir, l’île est très calme mais cela peut-être un bon moyen de faire des rencontres et de se rapprocher des locaux. 
  • NB : Privilégiez les jours de semaine pour visiter, afin d’éviter qu’il y ait trop de monde, sauf le lundi car la Maison des Esclaves est fermée. 

 

Xx,
 

Zoé

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